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Littérature

Almanach d'un comté des sables
Aldo Leopold
Préface de J.M.G Le Clézio Ed: Aubier 99F

Aldo Léopold (1887-1948) est né dans l'Iowa. Diplômé de l'office américain des forêts, chercheur, enseignant, conseiller auprès des Nations Unies, homme de terrain, il a ouvré toute sa vie pour la protection de la nature. Il fut témoin du passage de l'esprit pionnier du 19ème siècle, synonyme de liberté et de ressources naturelles inépuisables, à l'esprit civilisateur conquérant, voulant adapter le milieu naturel aux exigences économiques, quelqu'en soient les conséquences : extermination de nombreuses espèces animales et végétales, désertification... Époque oublieuse de la fugacité d'une vie humaine!
"L'almanach d'un comté des sables", publié à titre posthume en 1949, a été rapidement consacré comme un classique des écrits sur la nature. "Voici un livre que chacun devrait avoir avec soi, amoureux de la nature ou simple promeneur du dimanche, aventurier du retour à la terre ou sympathisant du mouvement écologiste, dans son sac ou sa bibliothèque"
J.M.G.Le Clézio


Écologiquement correct ou Protection contre nature?
Jean-Claude Génot
Préface par François Terrasson Ed: Edisud (1998)

Jean-Claude Génot est professionnel de la protection de la nature depuis quinze ans. Sa réflexion est un pavé dans la mare de l'écologiquement correct. "L'efficacité des protecteurs de la nature et de leurs outils n'a pas empêché la destruction lente et continue de la nature et des paysages à grande échelle." Vaste débat dans une société qui croit que la nature ne pourrait exister sans l'homme. Protection intégrale de certaines zones mais anarchie à la périphérie. Quelle différence entre le territoire d'un PNR (Parc Naturel Régional) et un autre territoire non classé. "Ainsi dans les 32 PNR qui représentent 9 % du territoire français et 2,5 millions d'habitants, on trouve aussi des plantations de résineux, des cultures intensives, des décharges sauvages, de grandes carrières en exploitation, des autoroutes, des lignes à haute tension, des usines, de grosses installations touristiques et même des centrales nucléaires. Dans les PNR, il ne se passe pas une année sans son cortège de menaces liées à de grandes infrastructures, comme par exemple la ligne à haute tension du Verdon."

La France, souvent donneuse de leçons envers les pays en voie de développement, est incapable de protéger effficacement les rares superprédateurs qui sont encore sur son territoire, tels que l'ours, le loup ou le lynx. " À la haine ancestrale des bergers s'est ajoutée celle des chasseurs, qui ne veulent pas restreindre leur activité sur certaines zones réglementées, et enfin le rejet des élus locaux qui voient l'ours comme un empêcheur d'aménager en rond, un frein au développement- lequel?- un symbole de la protection imposée par Paris." " Parce que l'homme est l'ouvrage de la nature, il existe dans la nature, il est soumis à ses lois, il ne peut s'en affranchir, il ne peut, même par la pensée, en sortir, la sauvegarde de la nature est une nécessité pour la continuation de l'humanité."

S.F.


"Catalogue B/B, Installations Paysagères"
Marc Babarit et Gilles Bruni (dô ga's du crû... )

"Yalons causer itchi meïme, 1a, d'suite, d'un fait pas banal. Figures-te qu'ine a quèques uns dans le l'bocage que l'pouvons s'poser des questions : létions dô artisses... d'jâ, ça pose question... deuzio, le travaillons dans les pays, les autres évidemment, tertio, le faisions tout' leurs affaires avec dô bouts de bois, dô ficelle de lieuse, dô maïs, dô mouvèzes herbes et tout d'même... Ben, Ki' quo' veut dire, ça...???
Exposition Nouveau Théatre d'Angers du 03 au 31 mars 2001
Balbutiements du B/B sur
http://perso.wanadoo.fr/bruni.babarit/

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Audio-visuel

Coup de coeur : "Radio Verte"

"Terre à terre", France-Culture, tous les samedis de 7 à 8 h. "L'avenir appartient à ceux qui l'écoutent tôt". 94.2 MHz. D'abord, Ruth Stegassy a une voix d'enfer, radiophonique à souhait, ensuite son discours est pertinent, ça ne gâte rien surtout à 7 plombes du mat ! Enfin les propos sont lucides. En une heure d'une émission ponctuée d'interviou avec des spécialistes, de scientifiques ou d'hommes de terrain, on fait le tour d'un problème de macro- écologie, ou de socio-économie. Qu'il s'agisse des énergies renouvelables, de la Conférence de Bonn sur les changements climatiques, des O.G.M., de Seattle ou de l'énergie atomique, ou bien encore des S.E.L. (Systèmes d'échanges locaux), l'oreille reste attentive, on ne s'y ennuie pas, et on en ressort un peu moins idiot.
Evidemment, l'horaire est dissuasif, mais prêter l'oreille, même sur l'oreiller peut enrichir la réflexion, et aussi la réflection, . d'ailleurs, faut qu'je dise à mes mômes qu'éteindre la lumière dans une pièce, c'est aussi un acte citoyen autant qu'un geste de solidarité. A ce propos, vous le saviez, vous? que l'ensemble des systèmes de veille du parc électro- ménager français équivalait à la production annuelle de deux tranches de centrale nucléaire? Ça me rappelle le bon vieux Ivan Illitch, qui en son temps, les années 70, dénonçait déjà les paradoxes d'une société de consommation où le profit, le progrès et la part de marché règnent en maîtres au service d'un "Tiroir-caisse international" de couleur généralement verte (le $, in God we trust). Il nous démontrait, preuves à l'appui que la voiture nous oblige au travail : le temps travaillé à rembourser la bagnole est bien supérieur au temps nécessaire à accomplir les trajets à pieds qu'elle est supposée nous épargner. Que la médecine tue tout autant qu'elle guérit ( le taux de mortalité baisse quand les hôpitaux américains sont en grève!). Que l'automobile a fait plus de morts depuis son invention que les deux dernières guerres mondiales, que l'école, dans ses formes actuelles est normative et anti-créative, bref rien que des trucs qui ne servent à rien, si ce n'est à réfléchir sur le monde dans lequel on patauge tous les jours.

M.B.

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Personnalités

Théodore Monod

Théodore Monod s'est éteint avec le siècle. Même si cette disparition s'inscrit dans l'ordre naturel des choses, la science et les causes justes ont beaucoup perdu. Face à l'hyperspécialisation des scientifiques, il est parmi les derniers représentants des grands voyageurs du XVIIIème siècle, universels dans leurs curiosités et dans leurs connaissances. Théodore Monod, ichtyologue de formation est tout à la fois géologue, botaniste, zoologiste, géographe, archéologue, préhistorien et ethnologue. Issu en 1902 d'une famille de pasteurs et de théologiens, il ne poursuit pas la tradition familiale. Il entre au Muséum d'Histoire Naturelle dès 1921. Commence alors un parcours scientifique digne d'un encyclopédiste.

N'utilisant que des moyens frugaux, il collecte des milliers d'échantillons, de croquis et de notes, durant soixante-dix ans d'explorations dans les déserts du monde entier.Il est le créateur en 1938, de l'IFAN (Institut Français de l'Afrique Noire), centre où l'on étudie toutes les disciplines des sciences naturelles et humaines. En parallèle, il continue ses recherches sur la faune marine et participe de 1948 à 1954 aux plongées du premier bathyscaphe. Assoifé de connaissances, il n'a pourtant jamais cessé ses engagements "d'Honnête Homme", défenseur de la nature et de l'être humain. Durant la guerre d'Algérie, il signe en 1960, le Manifeste des 121 pour le droit à l'insoumission. En 1966, avec Jean Rostand, il fonde le Mouvement contre l'arme atomique. Il lutte contre les "marchands de whisky et de nicotine". Il s'oppose à la chasse, aux corridas... Il s'implique dans la défense des sans-papiers et des sans-logis.

Extrait de propos de Théodore Monod cités par Jean Sloover dans "Le Soir": "Sommes-nous réellement condamnés à ne raisonner qu'à l'aide de ce qui est quantifiable, mesurable, vendable? N'avons-nous pas d'autre critère à prendre en considération que le profil matériel?(...) Si nous consentons à protéger la mer uniquement parce qu'elle contient les stocks halieutiques, pourquoi la préserverions-nous le jour où le goût du poisson nous serait passé? Et la forêt? N'est-elle qu'une réserve de bois? Le climat, l'océan, la sylve ne sont-ils que des ressources économiques naturelles? Ou sont-ils aussi et avant tout des valeurs irremplaçables et donc inappréciables? On en revient toujours au problème central, celui d'une option morale(...), d'un choix portant sur la fin de la destinée humaine. Au fond, que voulons-nous, que devons-nous vouloir? Posséder de plus en plus (et être possédés), augmenter notre puissance (matérielle) et multiplier nos gadgets, ou viser à un accroissement de l'être, à l'hominisation véritable, seule en mesure de nous arracher aux barbaries ancestrales et de rendre enfin possible notre réconciliation avec la nature? Etre un homme vide aux mains pleines? Ou donner une dimension spirituelle au progrès?"

Bibliographie non exhaustive:
"Méharées" (1937), "L'hippopotame et le philosophe"(1943), "Bathyfolages, plongées profondes" (1954), "Les déserts" (1973), "Désert libyque, notes de voyage" (1989), "Le chercheur d'absolu" (1997), "Pèlerin du désert" (1999) et "En route vers l'absolu, entretiens de Théodore Monod et de l'abbé Pierre avec Michel Bony" (2000)

S.F.

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