Les fiches botanique

Cardamine Eglantier

Cardamine pratensis L. (Kardamon, un des noms grecs du cresson)
Cardamine des prés, Cressonnette, Faux cresson, Cresson sauvage, Passerage sauvage,
Cardamine à fleurs, Lilas des prés, Soupe au vin...
Commune: Europe septentrionale, occidentale et centrale mais pas méditerranéenne, Sibérie, contrées boréales de l’Amérique du Nord, de 0 à 1800 mètres d’altitude. Prairies humides, bois frais, alluvions, bordures de terrains inondés.
Comme beaucoup de plantes de sa famille, les Crucifères, encore appelées Brassicacées, la cardamine est très cosmopolite. Elle est capable de s’adapter à des conditions extrêmes: rivages du Spitzberg et du Groënland, sources des grands fleuves sibériens. Annonciatrices des jours meilleurs, cette vivace de 20 à 50 cm tapisse les prairies fraîches, d’avril à juin. Ses grappes de fleurs (1 à 2 cm de diamètre) ordinairement lilas, parfois roses ou blanches, ne s’ouvrent que par beau temps, exhibant alors leurs anthères d’un jaune pâle. Lorsque le soir tombe, la fleur s’incline, les pétales en croix se referment.
La tige creuse porte des feuilles de deux types différents: celles de la base avec des divisions ovales arrondies, celles de la tige avec des folioles très étroits. Les colonies de cardamines sont souvent importantes, les feuilles de la base pouvant s’enraciner au contact du sol. Les fleurs sont porteuses de nectaires. Ces glandes produisent du nectar, une solution sucrée (saccharose, glucose et fructose) très attractive pour tous les insectes butineurs, en particulier les abeilles. Ces charmantes bêtes se chargent ensuite du transport aérien du pollen, favorisant ainsi la fécondation: un service en vaut un autre! À maturité, les fruits, ou siliques, envoient leur descendance à la ronde, au moindre choc.
Considérée comme l’une des meilleures salades sauvages, les rosettes de feuilles étaient
fréquemment ramassées dans les campagnes pour confectionner également des potages. Elle est, paraît-il, excellente dans le boudin aux herbes ou la bourbouillade cévenole, plat d’herbes mélangées avec des oeufs.
Pour certains le goût piquant des feuilles, voir leur amertume, ne permettraient leur utilisation que comme condiment.
Les propriétés médicinales de la cressonnette sont à peu près les mêmes que celles du cresson.
Riche en vitamine C, la plante fraîche est tonique, stomachique (pour ceux qui ne manquent pas d’estomac), expectorante et antiscorbutique. Les parties vertes de la plante contiennent, entre autres, du glucoside qui se décompose lors de la dessication de la plante. Il vaut donc mieux utiliser la cardamine à l’état frais sous forme de décoction* ou d’infusion* à raison de 30 à 60 g par litre:
- en tisane, contre le scorbut et les maladies nerveuses
- en cataplasme contre la goutte et les rhumatismes.

Attention, de trop grandes quantités de cardamine seraient irritantes du fait de son huile essentielle.
En agriculture, elle peut être un bon fourrage.

* décoction: Action de faire bouillir des plantes dans un liquide.
* infusion: Action de mettre une substance dans un liquide chaud, afin qu’il en tire le suc.

S.F.

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Rosa canina L.

Rosier des chiens, églantier, rosier sauvage ...

Très commune partout: Europe, Asie, Afrique du Nord, de 0 à 1600 mètres d'altitude. Buissons, haies, coteaux, talus.

C'est un arbrisseau de 1 à 3 mètres qui constitue des buissons impénétrables. Qui se frotte se pique aux rameaux couverts d'aiguillons crochus. Les fleurs rose pâle, rose vif ou blanches s'épanouissent de mai à juin. Pauvres en nectar, elles sont peu fréquentées par les abeilles. Les fruits appelés cynorrhodons, "gratte-cul", "poil à gratter" mûrissent en octobre. De forme ovoïde, leur couleur rouge les fait repérer aisément par les merles, les grives et les muscardins qui en sont friands. Cette petite olive, fourrée de graines et de poils irritants, peut provoquer des surprises dévorantes, à mettre dans les an(n)ales, pour l'imprudent qui l'aurait avalée à l'état brut!
C'est un arbrisseau de 1 à 3 mètres qui constitue des buissons impénétrables. Qui se frotte se pique aux rameaux couverts d'aiguillons crochus. Les fleurs rose pâle, rose vif ou blanches s'épanouissent de mai à juin. Pauvres en nectar, elles sont peu fréquentées par les abeilles. Les fruits appelés cynorrhodons, "gratte-cul", "poil à gratter" mûrissent en octobre. De forme ovoïde, leur couleur rouge les fait repérer aisément par les merles, les grives et les muscardins qui en sont friands. Cette petite olive, fourrée de graines et de poils irritants, peut provoquer des surprises dévorantes, à mettre dans les an(n)ales, pour l'imprudent qui l'aurait avalée à l'état brut!
À la suite de la piqûre d'un Cynips, sorte de petite guêpe, un bédégar se développe sur les rameaux. Cette galle mal peignée, voire totalement échevelée, aurait des effets thérapeutiques des plus décoiffants: calmants, diurétiques, toniques...

Autrefois, toute la plante était valorisée par les herboristes:

  • les racines contre la rage
  • les feuilles comme ersatz de thé ou de tabac
  • les fleurs, traitées en eau ou en essence de rose, comme laxatif
  • les fruits comme antiscorbutiques(un tiers de litre de décoction à 10 pour 100 de fruits d'églantier fournit la dose quotidienne de vitamine C nécessaire à l'homme). Les kiwis n'ont qu'à bien se tenir!
  • les poils du cynorrhodon(30 cg dans du miel) comme vermifuge, pauvres bêtes!

À partir de 1789, les églantiers européens ont été croisés avec des espèces d'Extrême-Orient qui, elles, avaient une floraison remontante. La création de rosiers hybrides a été une véritable révolution pour l'horticulture. C'est ainsi que la plupart des rosiers arbustifs de nos jardins sont issus des églantiers, dits "rosiers botaniques". Rosa canina est toujours très utilisée comme porte greffe.

"Marmelade tonique" :
Récolter les cynorrhodons après les premiers froids. Ils seront ainsi pâteux et savoureux. Enlever, avec une cuillère à café, les graines et leurs poils. Hacher la partie charnue. Ajouter un poids égal de sucre. Mélanger longuement. Déguster, si le coeur vous en dit...
La liqueur "Anti grippe" :
Récolter 1 kilo de cynorrhodons après les premiers froids. Les Broyer. Les mettre dans un bocal avec 1 litre d'eau de vie. Fermer et laisser macérer au moins 15 jours dans un endroit tempéré. Filtrer et mélanger avec un sirop (500g de sucre pour 1,5 l d'eau). Bien boucher et garder au frais.

Adieu verrues...
En Charentes, les verruqueux, non chauves, se coupaient, le jour de l'Ascension, une mèche de cheveux. Ils l'introduisaient ensuite dans un rameau fendu d'églantier et porteur de bédégars. Protubérance contre excroissance. Le dessèchement de la branche signifiait la disparition des verrues. Sceptiques s'abstenir...

S.F.

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