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Les incinérateurs : Onéreux, inutiles et dangereux
Texte original recopié avec l'aimable autorisation de Maurice SARAZIN, Vice Président de l'APPEL
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Le vrai bilan !
BREF HISTORIQUE :
L'incinération des déchets est plus que centenaire.
Son seul mérite, toujours d'actualité, est de réduire le volume visible de 90 % et le poids de 66 %.
Le coût initial d'exploitation était alors à peine supérieur à celui d'une simple mise en décharge. Les premiers incinérateurs généraient des fumées malodorantes. Environ 5 à 10 % du tonnage brûlé partait à l'atmosphère sous forme de poussières avec les gaz de combustion. À l'époque, cette nuisance était la plus évidente. Les premières réglementations ont concerné la limitation de la teneur en poussières des fumées. Le premier perfectionnement des incinérateurs a été la mise en place de dispositifs de filtration des fumées : Cyclones, filtres à manches et plus récemment électrofiltres. (Ces derniers bien qu'efficaces à plus de 99 % sont néanmoins devenus insuffisants en regard des dernières réglementations).
Le coût d'exploitation des incinérateurs a alors sensiblement doublé. La réglementation ayant également imposé une température des gaz de combustion de 850 degrés, durant au moins deux secondes , pour détruire les composés dangereux des fumées, il a fallu ajouter des brûleurs d'appoint, à gaz ou à fioul, pour garantir cette température. (À noter que ces 850°C ne s'imposent que pour les gaz issus de la combustion. Les déchets, quant à eux, atteignent des températures bien inférieures, comme en témoigne la présence d'imbrûlés dans les mâchefers, dont des morceaux de sac-poubelle encore intacts et des textes imprimés encore lisibles ! ). Voir aussi dans ce site " Les Mâchefers "
Les coûts d'exploitation ont encore augmenté . Initialement, nos déchets contenaient très peu de produits de synthèse, genre matières plastiques et autres composés chimiques. C'est leur quantité, de plus en plus élevée, qui a généré des gaz acides (invisibles). Ceux-ci, lors du refroidissement des fumées dans l'atmosphère, se combinaient avec l'eau de condensation, et retombaient dans l'environnement sous forme de pluies acides préjudiciables à la santé, à la faune, à la flore et même à la conservation des édifices. La législation a alors imposé la neutralisation des fumées acides. Cette neutralisation a abouti à un nouveau doublement du coût de l'incinération et est génératrice de pollutions nouvelles difficilement maîtrisables malgré le discours, se voulant rassurant, des vendeurs d'incinérateurs.
Certains polluants persistants (dont les dioxines et les métaux lourds), s'accumulent dans l'environnement et remontent ainsi la totalité de la chaîne alimentaire jusqu'à l'homme .
Les mâchefers, soi-disant valorisables, sont très polluants, ils contiennent plus de dioxines que les fumées. Les plates-formes de traitement des mâchefers génèrent des coûts supplémentaires. L'utilisation de ces mâchefers est soumise aux prescriptions de la circulaire ministérielle du 9 mai 1994 et à ses annexes.
Ces prescriptions ne sont apparemment pas respectées par les entreprises de TP, notamment en ce qui concerne les analyses prescrites et les lieux de mise en ouvre de ces mâchefers. Des analyses effectuées par le laboratoire du service des fraudes de Montpellier, ont révélé des teneurs en plomb de 2,18 grammes par kilo et 1,32 mg de cadmium par kilo. Le vrai potentiel polluant des mâchefers devrait imposer leur confinement dans des CSDU de classe 1. |
L'incinérateur actuel :
Voir le fonctionnement d'un incinérateur (Animation sur le site de GreenPeace)
Ce n'est qu'un convertisseur multiplicateur et diffuseur de pollutions. |
Il tient plus de l'usine chimique que de l'incinération. Il n'opère qu'un changement d'état de 66 % de la masse des déchets solides, en déchets gazeux, en y ajoutant six fois plus d'air atmosphérique que de déchets à brûler. |
Il multiplie par 7,5 la masse totale des déchets. Sa combustion est à peine meilleure que celle de ses ancêtres. Son seul mérite est une meilleure présentation architecturale. Pour faire oublier au public le caractère péjoratif du vocable « incinérateur », les officiels emploient une dénomination hypocrite « d'unité de traitement et de valorisation énergétique des déchets (UTVE) », dénomination qui n'existe pas dans la nomenclature officielle des installations classées.
Là où autrefois il n'y avait qu'une seule décharge, l'incinérateur moderne en exige au moins quatre, voire cinq , et rien ne permet d'affirmer qu'il n'en faudra pas d'avantage dans le futur...
De plus, comble de l'hypocrisie, les nouveaux incinérateurs sont dotés «d'atténuateur de panache» destiné à rendre invisible la fumée qui sort à la cheminée. Les riverains croient ainsi que l'incinérateur est sans rejets atmosphériques. Pourtant ce dispositif n'enlève absolument rien à la pollution bien réelle des fumées !
La décharge N° 1 : Le bilan de masse approché ci-dessous, présente une « décharge N° 1 », parfaitement invisible, mais hélas la plus dangereuse à cause de son invisibilité . Elle n'est autre que l'atmosphère qui nous entoure et que nous respirons. Dans ces rejets gazeux soi-disant épurés (qui représentent 6,5 fois la masse initiale des déchets à brûler), les chimistes ont détecté plusieurs milliers de composés nouveaux, inexistants dans les déchets d'origine , et qui résultent de combinaisons chimiques subtiles dues à la combustion .
Les dangers des dioxines et des furannes, réputés pour avoir des effets néfastes et irréversibles sur la santé humaine sont reconnus depuis 1991. Leur limitation n'est imposée que depuis 1996. La réglementation impose de ne pas excéder 0,1 nano-gramme de dioxines par mètre cube "normal" de fumée (0,1x10-9g/Nm3). À noter que le contrôle officiel de la teneur en dioxines des fumées n'est effectué qu'une fois par an !
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| Curieusement, cette nouvelle limitation, exprimée sous forme de ratio, ne concerne que les fumées alors qu'il y a des dioxines dans les mâchefers et les rejets liquides de lavage des fumées. |
Nous découvrirons obligatoirement dans le futur que, parmi les milliers de composés recensés, certains considérés aujourd'hui comme anodins par méconnaissance de leurs effets à long terme, présenteront les mêmes dangers. C'était le cas des dioxines avant 1996 ! Une nouvelle législation, encore plus contraignante et génératrice de coûts supplémentaires sera alors promulguée.
La directive européenne du 4 décembre 2000 est à présent transcrite dans la réglementation française depuis le 20 septembre 2002. Il convient, notamment, de limiter les oxydes d'azote, ignorés à ce jour et de réduire à nouveau les émissions d'autres polluants, dont les dioxines dans les rejets liquides.
Des plaintes en «empoisonnement» pourront être déposées, contre les responsables de l'Etat, par les populations irrémédiablement touchées dans leur santé par la pollution...
Des scandales similaires à ceux que nous connaissons aujourd'hui pour l'amiante, le sang contaminé et l'usage des farines animales infectées (vaches folles) etc..., éclabousseront un peu plus la vie publique...
Derrière les discours mensongers des pro-incinérateurs se cache la volonté délibérée d'occulter les vrais dangers pour ne laisser apparaître que les avantages, très contestables, de cette solution ! Les politiques, quant à eux, sont attirés par l'apparente facilité du «tout incinération» qui les dispense de mettre en place une vraie collecte sélective avec recyclage.
À moins qu'ils n'aient d'autres motivations éventuelles moins avouables : gros marché unique traité sans véritable mise en concurrence, avec des fournisseurs aux habitudes de gratitude bien connues, financement privé et récupération de la taxe professionnelle, (que l'industriel répercutera sur le citoyen).
Tout le monde y trouve son compte, excepté le citoyen !
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La décharge N° 2 est destinée à recevoir les 27 à 33 % poids de mâchefers.
En réalité, il s'agit d'une véritable installation classée, de tri et de maturation. La circulaire provisoire du 9 mai 1994 et l'absence de contrôle sérieux de l'innocuité des mâchefers dits « valorisables » permet de les utiliser en sous-couche routière. Indépendamment de l'incompatibilité de ce type d'agrégat hétérogène pour un usage routier, ces mâchefers contiennent au moins 5 % d'imbrûlés, des métaux lourds toxiques sous forme de composés plus ou moins solubles, ainsi que des dioxines. Nous sommes étonnés que ces mâchefers, eu égard à leur toxicité réelle, ne soient pas obligatoirement mis en décharge de classe 1. Il semblerait, selon des informations concordantes, qu'un jour viendra où il faudra mettre ces mâchefers en décharge de classe 1 ou les vitrifier. Les coûts complémentaires seront alors exorbitants.
La décharge N° 3 est destinée à recevoir les 4 % de résidus solides de la neutralisation des fumées (REFIOM).
Leur toxicité impose de les mettre en décharge de classe 1. Ces décharges rarissimes coûtent très cher, de 300 à 700 € la tonne. Si la totalité des projets d'incinérateurs géants se réalise, il y aura une rapide saturation des sites existants. Cette rareté ne peut que faire flamber les prix. (Généralement ces décharges sont exploitées par des filiales des groupes industriels qui exploitent les incinérateurs ! )...Un jour viendra où il faudra dépolluer ces sites à grands frais, comme il a fallu le faire pour l'amiante. Ce qui nous coûtera des dizaines de milliards de francs, sans préjudice des indemnisations dues aux victimes des cancers et autres maladies ! Ces décharges de classe 1 sont des bombes à retardement qui risquent un jour de nuire gravement aux générations futures. En effet, la classe 1 correspond à un site qui est censé être sur des couches géologiques étanches pour l'éternité ! La croûte terrestre étant vivante, il faut craindre qu'un jour cette étanchéité se détériore sous l'effet de phénomènes séismiques ou autres. Les polluants majeurs qui y sont stockés partiront alors dans la nature et empoisonneront les populations riveraines !
La décharge N° 4 est généralement une rivière ou la mer.
Les rejets liquides de la neutralisation des fumées contiennent des chlorures et autres sels néfastes pour l'environnement ainsi que des métaux lourds et autres polluants dont des dioxines.
Les marchands d'incinérateurs, pour remédier à cette pollution, ignorée volontairement à ce jour, envisageraient une évaporation totale, suivie d'une séparation du résidu solide, avec récupération par condensation de l'eau évaporée. Les coûts complémentaires de ces nouveaux traitements seront insupportables pour les usagers. La consommation induite d'énergie thermique rendra encore plus déficitaire la production d'énergie électrique ! La quantité de « REFIOM » sera multipliée par 2 ! Il est à noter que ces rejets liquides ne sont rien d'autre qu'une solution saturée résultant de l'essorage ou du pressage des « REFIOM » et, qu'à ce titre, ils en présentent nécessairement la même nocivité. Toutefois, le lobby de l'incinération, échaudé par les inconvénients de ces rejets liquides, maintenant réglementés, ne présente maintenant que des traitements des fumées, dit « semi sec », qui ne génèrent aucun rejets liquides. Les derniers incinérateurs ont des traitements de fumées dépourvus d'électrofiltre. Cette solution permet d'envoyer les cendres volantes, très basiques, directement dans les réacteurs de neutralisation des fumées, ce qui économise du réactif de neutralisation. Le coût important de l'électrofiltre est épargné et le coût des réactifs est minimisé. Au surplus, la quantité de REFIOM à mettre en décharge de classe 1 n'est pas significativement augmentée.
Il faudrait une décharge N° 5 , destinée à recueillir les O.M. impossibles à incinérer quand les fours d'incinération sont à l'arrêt.
Un four à grille, selon les constructeurs, ne peut fonctionner que 7.500 à 8000 heurs par an, soit 86 % du temps annuel. La Loi obligeant à ne pas conserver en fosse les O.M. au-delà de 24h si les fours sont arrêtés, il y aurait lieu de mettre en décharge les O.M. non brûlées ou de les acheminer vers un autre incinérateur... Les exploitants sont muets sur cette nécessité et, souvent au mépris de la Loi , conservent bien au-delà de 24 h, les ordures dans des fosses de réception surdimensionnées, en utilisant également un stockage illégal en balles comprimées, pour brûler ensuite les déchets « à marche forcée » quand les fours redeviennent disponibles !
Il va sans dire que la quantité de mâchefers et le taux d'imbrûlés sont alors nettement supérieurs à la normale (voir l'exemple déplorable de l'usine de Sète) . Cette particularité fait que curieusement les exploitants proposent de préférence, des fours dits « à grilles », alors que cette technique est la plus mauvaise quant à la teneur en imbrûlés des mâchefers. La vraie raison est que ce type de four permet de fonctionner en surcharge pour rattraper le retard en cas d'arrêts sur incidents.
Comme la surcharge de ce type de four se traduit par un taux d'imbrûlés bien supérieur à la normale, les exploitants prennent soin de ne pas garantir ni la quantité ni la qualité des mâchefers issus de la combustion dans leurs contrats .
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| Comme ils sont rétribués selon le tonnage brut pesé à l'entrée de l'usine, il leur importe de brûler, même très mal, tout ce qui arrive à l'usine, c'est manifestement la loi « du tiroir-caisse » qui prévaut sur la santé publique ! |
Un autre critère de choix du four à grille par les exploitants est la moindre quantité de « cendres volantes » (particules fines qui s'envolent sous l'effet du flux d'air de combustion et qui se trouvent arrêtées partiellement dans les filtres.) Ces cendres volantes eu égard à leur toxicité doivent être enfouies en décharges de classe 1. Or, il existe d'autres types de fours (à lits fluidisés, notamment), plus performants quant à la qualité de la combustion et à la quasi-absence d'imbrûlés dans leurs mâchefers, mais la production de cendres volantes est sensiblement 2 fois plus élevée que dans un four à grille moderne.
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| Autrement dit, avec le four à grille, une grande partie des cendres volantes reste dans les mâchefers ! |
Nous voyons donc que l'incinération multiplie par au moins 7,5 la masse totale de produi
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